J’étais assez enthousiaste en aller voir ce film car c’est le réalisateur du Dernier train pour Busan et que l’on introduit un type d’infection qui donne un esprit de ruche (hive mind) aux Zombies.
Malheureusement, si le point de départ, la réalisation et quelques actrices sortent du lot, le scénario souffre de beaucoup de défaut :
- Les personnages secondaires très clichés : On avait déjà ça dans le Dernier Train, mais c’était allié à une cohérence de situations qui permettait au spectateur de ne pas sortir du film. Ici, on sait dès l’introduction qui va mourir à cause de sa bêtise ou de son individualisme et le film ne nous fait que peu de contrepied.
- Des mises en place d’éléments scénaristiques qui vont être payant par la suite (le fameux setup / payoff, parfois confondu à un fusil de Tchekov) de manière trop évidentes. De la même façon, on n’a plus aucune surprise. Et parfois, au contraire, une facilité qui permet à un personnage de s’en sortir alors que ça n’a jamais été évoqué, voire contredit certaines règles édictées
- Enfin, le défaut des personnages censés être plus intelligents que les scénaristes : On te présente des personnes très intelligentes mais on n’arrive jamais à le montrer. Ces fameux personnage intelligent ont un raisonnement parfois normal, parfois illogique, parfois juste utile pour le scénario. C’est le genre de film où une personne soit disant géniale, a des actions finalement « normales », parce que les scénaristes ne prennent pas le temps de se renseigner ou de vouloir explorer le domaine scientifique qu’il convoque. Ca donne le sentiment que l’on prend le spectateur pour quelqu’un qui ne comprendrait pas que l’eau, ça mouille. Et ce n’est pas un sentiment agréable.
Si le film a des qualités (unité de lieu, retour au centre commercial comme dans les films de Romero et Snyder), il ne dépasse pas la somme de ses défauts. A titre personnel, j’ai poussé des soupirs trop souvent. Bon, pas aussi souvent que devant Prometheus et Alien Covenant (qui eux aussi ont leur lot de personnages présentés comme intelligents, soudainement débiles par flemme ou pour faciliter le scénario), mais quand même…