J’aime bien les films d’horreur français. Avec Kraken, on est dans l’archétype du film qui se passe en banlieu.
Mais pour être honnête, je m’attendais à un discours plus social et plus métaphorique.
On est dans la même démarche que « Vermines » où la banlieue est un cadre mais pas un point d’accroche des personnages.
je pourrais comparer cette démarche comme celle de Predator (voire Predator 2). On présente des personnages qui ne sont pas des enfants de coeur dans un cadre plus ou moins violent et on leur présente une menace qui dépasse le niveau de violence initial.
Mais là où les films des années 80 ou 90 prenaient le temps de caractériser les personnages, dans Kraken comme dans Vermines on a tendance à aller très vite pour l’exposition pour arriver à l’action.
C’est chouette de vouloir montrer que l’on peut faire des scènes d’horreur cools et innovantes, mais ça arrive trop vite.
Dans le cas de Kraken, les personnages sont à peine esquissés, les lieux à peine définis que l’on balance le groupe de héros dans le HLM de tous les dangers.
Aussi, quand certains personnages disparaissent tragiquement, on n’éprouve que le choc de la violence mais pas le drame de l’absence (certaines morts sont des gags).
Si l’on comprend les enjeux du héros et de l’antagoniste via des flashbacks, les personnages secondaires sont malheureusement très mal traités.
Ca reste prometteur et intéressant mais le film aurait gagné à avoir un peu plus d’épaisseur et de niveau de lecture.
Le duo de réalisateur, Mohamed Chabane et Théo Jourdain Rhodes, demeure un élément à suivre.