Dreams
Est-ce qu’il est possible d’aimer un film si on déteste tous les personnages ? Comment aimer un film, si dans ses derniers instants, on perd l’attachement, le lien ténu qui nous fait ressentir la fiction ?
J’avais beaucoup aimé Memory, le précédent film du réalisateur, avec Jessica Chastain (dont je loupe rarement les apparitions sur un écran).
Le film démarre bien, avec une relation inégale entre un migrant et une américaine. On y voit la dynamique du pouvoir, du regard des autres, de la nuance entre la passion et l’amour.
Puis vient les dernières minutes du film qui annihilent le peu d’empathie que l’on pouvait avoir. Une fois que cet attachement vole en éclat, il ne m’est resté que peu de choses pour défendre le film. Le début ? Le jeu de l’actrice rouquine ?
C’est un peu cette dissonance cognitive où, dans une oeuvre, un personnage présenté comme humaniste, voulant le bien de tous, mais finalement n’a que peu de scrupules à utiliser une arme pour ôter la vie à ses opposant(e)s, sans exprimer le moindre regrets. Dès lors que l’on blesse mortellement quelqu’un sans remord, sans contexte ou sans conséquence, on ne peut plus me vendre le personnage comme « humaniste ».
A la base, aucun personnage du film n’a de vertu, mais ils sont mis dans des situations où l’on peut projeter nos valeurs. La fin fait table rase et donne un arrière goût amer, faisant aussi douté des intentions du réalisateur et de ce qu’il a voulu montrer.
Est-ce qu’un mauvais rêve est forcément un cauchemar ?