28 Ans plus tard : Le Temple des morts
Après le très déroutant 28 ans plus tard de Danny Boyle, on a une suite directe du dernier film, mis en scène par Nia Da Costa. La réalisatrice n’a pas toujours fait des films qui m’ont plu mais j’étais confiant. C’est une réalisatrice très visuelle et ça joue un rôle important dans le film.
Si Boyle avait continué à expérimenter, Da Costa est plus formelle mais avec des idées bien employées.
Une suite directe donc. Et là où « 28 ans » m’avait laissé sur ma faim, « le Temple des morts » réponds à toutes les questions et… en ajoute d’autres.
Si « 28 ans » m’avait déstabilisé formellement, ce film m’a déstabilisé sur le discours.
On peut résumer les deux films par leur métaphore : le premier parle du Brexit, le second parle de Trump. Et avec derrière des messages contre le patriarcat, la masculinité toxique, la perte de la connaissance scientifique, la reconfiguration du langage. Et en cela, les deux films répondent, comme les autres films de la franchises, aux angoisses actuelles.
Vous allez me dire : « c’est un film de Zombie, ça ne raconte pas grand chose. C’est une montagne russe »… mais c’est oublié l’ADN de ce genre de film, de cette typologie de production. Un film d’horreur n’est jamais QUE un film d’horreur. C’est un genre qui résume les peurs, les craintes, les horreurs qui définissent une société. On est passé de le figure du serial killer, aux slashers, aux films de possessions. Un vampire, un zombie, un fantôme, c’est souvent une métaphore.
Et si je suis clément avec des films qui font peur, j’ai la dent plus dure quand le film n’est qu’une succession de jumpscare et de scènes gores sans fond ni message.
Mais ça, c’est pour un autre film…