Cinéma  En salle

Chien 51

J’étais parti voir Chien 51, adaptation d’un roman policier futuriste qui se passe à Paris. En toute honnêteté, j’étais curieux et je voulais comparer ce film à « Les Nuits du Grand Sommeil », mon roman. Avec le recul, il aurait été plus honnête de comparer mon roman avec celui de Laurent Gaudé. J’imagine que l’adaptation a changé des éléments, plus ou moins importants, mais n’ayant pas pu lire ce livre, je ne me prononcerai pas sur la qualité du livre et on va rester concentrer sur le film.

Et mon premier apriori négatif vient du réalisateur Cedric Jimenez, qui a pour habitude de faire des films dans un contexte actuel, sur des sujets de société, du point de vue des flics (et dans lesquels ils sont souvent glorifiés, en évinçant souvent les problèmes structurels et sociaux, pour faire « juste du divertissement »). Et effectivement, le film ne porte aucune réflexion sur le pouvoir, sur l’IA, sur les différences programmées de la société.

Et, j’ai fait une chose que je n’ai jamais fait, à la sortie d’un film : prendre des notes pour détailler tout ce qui m’a déplu. Avant de vous mettre cette liste in extenso, je vais revenir sur une ou deux qualités. Je trouve que Gilles Lelouche et Adèle Exarchopoulos sortent du lot et interagissent bien ensemble. On est souvent avec eux et arrivent à défendre des personnages très superficiels et pas très développés.

Donc voici ma liste, en vrac, pour vous donner une idée (sachant que même à tête reposée, je lui trouve encore plus de défauts).

  • Une dizaine de « Louis Garrel ex machina » : pas de vraie enquête…
  • Arrêtez de vouloir un futur avec les écrans transparents et les claviers sans touches (c’est nul).
  • Alma n’envoie que deux drones (alors que pour être buter quelqu’un, t’envoie une armada et c’est finito)
  • Drones à balles illimitées (ils les stockent où ? comment font-ils pour voler avec autant de munitions ?)
  • Histoire d’amour en 3 jours nulle (c’est pas du tout crédible… une amitié aurait suffi)
  • Gilles Lelouche (53 ans) plus vieux qu’Adele Exarchopoulos (32 ans)
  • IA qui ne peut pas juste être débranchée (si ça déraille, il y a forcément des moyens « physiques » pour la mettre hors d’état de nuire)
  • Il y a des zones et des checkpoints mais si on passe par la Seine en nageant ça marche ?
  • Zone Pauvre = bordel et sale ?
  • Pourquoi 3 zones et pas 2 ? (on en a que 2 visibles/utiles dans le film)
  • Ministre de l’intérieur pas impliqué, sérieusement ? (IA qui devient folle… ça marche pas comme ça)
  • Les flics qui tirent alors que c’est potentiellement le ministre ne relève pas sa visière.
  • L’IA est méchante officiellement à la fin, mais les flics continuent à suivre ses ordres au lieu de se rallier à la population.
  • Les personnages ne sont pas développés.
  • L’univers n’est pas développé.
  • Esthétique générale du film moche.

Bref, j’ai du mal à me réjouir de voir ce traitement cinématographique à des histoires qui ont plus de potentiel. On aurait pu avoir quelque chose de plus aboutit, plus proche de Minority Report, je pense, avec un autre réalisateur. Si vous applaudissez un film français simplement parce qu’il fait de la SF comme les américains, élevez vos standards : vous méritez mieux que Chien 51.