Eddington
Il y a eu un renouveau américain dans les films d’horreur. Dans le même moment on a eu :
- Get Out de Jordan Peele
- The VVitch de Robert Eggers
- Heredity de Ari Aster
Mais au delà de ces premiers films (que l’on qualifie de manière « Elevated Horreur » soit « des films d’horreur avec un esprit films d’auteur », ce qui était aussi le cas si l’on se penche sur les classiques), je n’ai pas trouvé les autres films de ces réalisateurs aussi réussi.
Je trouve Eggers trop formel et sans fond, Jordan Peele incapable de structurer ses films (Us et Nope m’ont vraiment déçu).
Et Ari Aster, je n’avais vu que 2 de ces trois films : la durée de « Beau is Afraid » m’avait fait rebrousser chemin. Et si j’ai adoré Heredity, je ne suis pas rentré complètement dans Midsommar
Et pour Eddington ? (oui, on y vient) : j’ai eu le même sentiment que pour Us et Nope malheureusement. ce sont des films qui ont trop de choses à raconter. Et si dans les trois films, je comprends l’intention, il y a trop de choses dans ses films. Tant est si bien que l’on a l’impression que Eddington est déstructuré. Arrive un élément déclencheur au bout d’une heure (pour casser l’ambiance « comédie » de cette première partie) mais si le film ne décolle pas pour autant.
Je ne suis pas contre les films complexes, avec un peu d’ambiguïtés et de zones grises, mais pendant tout Eddington, on se demande ce que veut nous raconter Ari Aster. Parce qu’il y a une très bonne mise en scène, de très très bons acteurs et actrices, mais, comme un cerveau fiévreux d’un complotiste qui a le COVID, le fil de la narration est décousu. Pour nous perdre, c’est intentionnel, je pense mais on ne sait jamais quel est l’angle et le point de vue de l’auteur.
Faire un film qui parle de la perte de repère à cause des images, dans un film qui nous demande de ne pas croire aux images. Merci Ari, on sait que l’on est perdu et que l’on ne comprend plus rien au monde actuel : que veut tu nous dire de plus ? quel est ton point de vue ?
En fait, le film ne fait qu’illustrer l’anxiété contemporaine mais n’apporte aucune réflexion ou recul. Un peu comme quelqu’un qui t’aborde dans la rue et qui te dit « il fait beau, hein ? ». Comment répondre à ça ? (« Merci captain obvious ! »)