Cinéma  En salle

When Evil Lurks

Comme les films d’horreur intéressants ont du mal à arriver sur les écrans français, j’essaie d’avoir une liste de sites et de personnes prescripteurs. « Cuando acecha la maldad », le titre original du film argentin, était donc sur mes RADARs depuis la fin 2023.

J’ai peut-être espéré d’autres choses et je vais essayer de ne pas critiquer le film sur ce qu’il n’est pas.

Il y a des choses que j’ai bien aimés : il y a effectivement des scènes très chocs et le ton général est très sombre. Ca marche bien et il y a des scènes qui ont un impact fort.

Ce qui m’a manqué dans le film, ce sont des respirations optimistes. Au début, c’est la merde pour les héros, à la fin, c’est pas mieux. Mais j’aurais aimé que le personnage principal entrevoit quelque fois un peu d’espoir (pour des ruptures de ton et ajouter de la cruauté…) : c’est sadique, j’en conviens, mais maltraiter son héros, c’est aussi lui donner de l’épaisseur.

Il est présenté comme un personnage qui ne fait que des mauvais choix et ce sont justement tous ces mauvais choix qui le conduisent dans la situation qu’il affronte. Et à aucun moment, j’avoue que je n’ai compris ces choix. C’est systématiquement nul pour de mauvaises raisons. Alors que la vie, c’est souvent plus des contraintes d’un système, des choix que l’on fait à contrecoeur, des choix que l’on fait en pensant faire le bien.

Il y a aussi deux personnages « fonctions » qui sont là pour expliquer « le mal », qui sortent ces connaissances de… « nulle part », on va dire… et j’ai du mal avec ce genre de scènes qui semblent ne pas faire confiance au spectateur.

On parle du mal qui se propage avec l’utilisation des armes, qui vient de la ville, fait fuir les gens des campagnes, sur la perte de foi générale dans le pays et c’était déjà bien suffisant. On pouvait y voir une métaphore de la peur du changement de la société, l’opposition de la ville et des campagnes alors que ce sont des lieux complémentaires, la facilité de l’accès à la violence grâce à la facilité de l’accès aux armes. Ajouter des « règles » à la « Gremlins » enlève cette métaphore pour rendre le film plus « littéral ».

Et c’est finalement l’opposition entre la connaissance de ces règles et des choix du personnage principal qui m’a fait sortir de la salle assez déçu. Si tu connais les règles du mal, jamais tu n’agis comme le personnage : amener des objets qui ont été en contact avec le possédé, les mettre en présence d’animaux et d’enfants. Et ce sont malheureusement les principales motivations du héros…

Ce film convoque aussi un autre film d’horreur récent, que j’ai plus apprécié, et le rejoint sur pas mal d’aspects mais je ne veux pas vous gâcher la découverte en vous indiquant le parallèle. When Evil Lurks reste un film singulier et intéressant, mais qui m’a plutôt déçu sur le traitement de son « mal » et de son « personnage principal ».

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