
Vesper Chronicles
La promesse d’un film de SF avec des moyens en France a toujours été une ambition qui ne dure jamais dans le temps. On voit pendant 2, 3 ans une tendance et qui se referme très vite au profit des comédies.
Le film d’horreur ayant refait une percée il y a peu, je pense que quelques projets de « films de genre » ont profité de la brèche « Julia Ducournau » pour se lancer.
Vesper Chronicle décrit de manière assez pessimiste un futur où la bio technologie n’a pas réussi à aider l’humanité. C’est d’ailleurs l’inverse qui s’est produit car l’éradication de la végétation « normale » de la terre a complètement chambouler l’équilibre de notre écosystème, rendant les terres arides et sans vie, faisant retourner l’humanité vers un nouveau moyen âge où quelques citadelles enferment une partie de l’humanité très riche, laissant les pauvres (dont notre héroïne Vesper) survivre entre les végétaux hostiles et les végétaux morts.
C’est un pari ambitieux que de recréer un mode post apocalyptique où la bio mécanique est à la fois le pire ennemi mais la seule source de survie de l’humanité.
Un rapport de force complètement inverse à aujourd’hui et le film pose des codes et des postulats très intéressants. Le duo de scénaristes / réalisateur/ réalisatrice ont un monde très cohérent qui navigue entre les Fils de l’Homme, Existenz et la littérature adolescente (Harry Potter, le Labyrinthe etc).
D’ailleurs pendant un long moment, j’ai cru que c’était l’adaptation d’un roman de science fiction pour jeune. N’y voyez aucun jugement négatif de ma part. Mais mon seul grief pour le film vient de cette comparaison, car dans ce genre de littérature, on écrit volontiers une saga en plusieurs tomes. Si l’arc de Vesper évolue durant le film, il nous manque la suite de ses aventures.
Le film brille pour la partie technique avec de très beaux plans et de très belles images, beaucoup de situations qui décrivent le monde désespéré. Au niveau des costumes, on retrouve un côté conte de fées, Alice au pays des merveilles – les champignons, le costume d’un des personnages – pour contraster au quotidien gris et boueux de Vesper. Tous les acteurs jouent bien et sont impliqués. Les effets spéciaux semblent peu avoir recourt à de l’image numérique (pour les plans d’ensemble en grande partie) et le film semble utiliser pas mal d’effets pratiques (pour le drone contrôlé par le Père de Vesper).
Je vous invite à être curieux et à aller faire un tour dans le monde de Vesper. En espérant que cela donne assez de moyens et d’encouragements pour envisager une suite à ce film. Et dans le même temps permette de montrer la viabilité et la singularité des films de SF français.