
Sweat
Quand on est juste intéressé par un film, sans rien connaître (juste le pith et l’affiche), j’ai souvent le droit à avoir de bonnes surprises.
On parle beaucoup en ce moment de relation para-sociales, du fait qu’être influenceuses / influenceurs, créatrices / créateurs de contenus sur internet crée une forme inédite d’interaction sociale.
D’un point de vue philosophique, je pense que ça ne fait qu’amplifier un existant et que l’on a tous mis sur un piédestal des personnes que l’on admirait ou qui nous semblaient accessible. Internet a juste étendu la portée de l’influence et la démocratisation de l’accès à la célébrité.
Dans Sweat, on suit le parcours d’une jeune femme, coach sportive, influenceuse bien-être sur instagram. Son discours et son image semble être un contrôle total et permanent de ses émotions.
Quand ses sentiments remontent à la surface, c’est une série de conséquences néfastes qui va s’enclencher et Sylwia va tenter de reprendre la main.
Le film de Magnus von Horn est plutôt froid et clinique. C’est un film où l’on met dans le quotidien d’une jeune femme qui vit de son image et des dérives néfastes de son mode de vie. J’ai été touché par le fait que le moindre signe d’émotion sincère soit réprimé car afficher comme une faiblesse. Peu importe la vérité puisqu’il y a les apparences à sauver. Cela donne bien la température glaciale et inhumaine de ce monde infernal qui se réchauffe.
Après, on peut être dérangé par le troisième acte où tout s’emballe. Je m’attendais à une fin plus onirique mais la proposition très pragmatique enfonce le clou sur l’état de nos relations en 2022 (NDLA : rassurez-vous, tout va bien dans ma vie, j’ai juste une petite perte de foi en l’humanité en cette fin de mois de juin 🙂 ).