
Ogre
Ogre prend à peu près le même point de départ que Dark Water (que j’aime beaucoup). Une femme et son enfant fuient l’emprise d’un mauvais père (ici, il s’agit d’un père violent). Ils partent reconstruire leur vie dans un petit village.
Je suis allé le voir grâce à son affiche et aussi pour Ana Girardot que je trouve toujours très juste. J’étais curieux de voir un film a hauteur d’enfant, qui garde le point de vue de son jeune protagoniste.
J’ai beaucoup aimé les effets sonore qui s’appuie sur l’utilisation de l’appareil auditif du jeune garçon.
Après, si le film possède beaucoup de bonnes idées, j’ai le sentiment qu’il ne les exploite pas complètement : le film hésite à se lâcher complètement. S’il y a de la poésie visuelle, on ne sombre jamais dans quelque chose de plus sombre et de plus terrifiant. La menace et la tension n’est jamais là.
Le film n’utilise jamais des ressources potentielle du scénario : le comportement des villageois, la surdité du héros, le passé violent de la famille. Et il y a une réplique que l’on a mis dans la bouche de l’héroïne qui décrédibilise son travail d’enseignante (en tout cas, elle crée une dissonance assez forte selon moi). C’est peut être dû au fait que le film hésite de donner le point de vue de la mère : pour ne pas me contredire, le film adopte majoritairement le point de vue de l’enfant, mais le donne parfois à la mère : ça montre que le film manque de radicalité.
Mais ça n’empêche pas d’avoir un film intéressant et plutôt joli, mais qui aurait gagné à s’engager dans un parti pris plus « radical ». On devine un scénario très riche et bien écrit, mais qui dessert un peu le film qui aurait mérité une trame plus « simple ».