
Drive My Car
Je ne connais pas le cinéma de Ryusuke Hamaguchi. J’étais curieux de ce film pour son prix du meilleur scénario à Cannes.
L’idée de confronter un personnage à son chauffeur, on peut penser à un rapport de force, comme dans Parasite, Miss Daisy et son chauffeur. C’est un moment où le passager et le conducteur ont un rapport hiérarchique.
On peut penser à un road trip, comme dans Papa ou Little Miss Sunshine. C’est une occasion qui permet la rencontre des univers, qui donne des obstacles et des péripéties permettants de rapprocher les protagoniste.
On est dans un entre deux pour Drive My Car et, ce que j’ai trouvé interessant, c’est la progression vers l’ouverture de deux protagonistes, enfermés dans leur trauma.
Le film dure 2h59, il n’y a pas de grosses scènes d’action, des plans compliqués mais a aucun moment, on ne sort du long métrage. Le film laisse le temps de développer les personnages, de voir les réserves se dissiper, de donner au spectateur les moyens de les comprendre .
Même si j’ai beaucoup aimé le film et le fait s’il soit assez acclamé, il m’est difficile de vous le conseiller. dans mon cas, si j’ai passé un bon moment devant le film, c’est parce que ça se passe au Japon, parce que ça parle de théâtre dans un parc, de Tchekhov. Ce sont des critères assez personnels.
On pourra peut être critiquer la trame du scénario, qui est en dehors des « habitudes » (pas de construction en 3 actes, pas de grosse péripéties, pas d’artifices pour garder l’attention du spectateur) mais qui a du séduire le jury du festival de Cannes et qui m’a beaucoup plu également. Ca fait du bien d’avoir un film qui sort de la recette habituelle.
Ca n’occulte pas le jeu des acteurs très réalistes, la mise en image assez discrète mais très soignée, l’émotion qui se dégage.
C’est, pour moi, un des films de cette année 2021.