Cinéma  VOD

Army of the Dead

Il y a des cinéastes dont le cinéma m’intéresse de plus en plus. Il y a Zack Snyder dont j’ai du mal à suivre la progression.

Le remake de Zombie (Dawn of the dead – 2004) est un de mes films d’horreur préférés (et c’est le premier travail cinéma de Snyder). Puis on a eu 300, Watchmen (puis le film d’animation Le royaume de Ga hoole que je n’ai pas vu), Sucker Punch. Jusque là, je trouvais que les idées visuelles s’ajoutaient au propos du film. Ce sont des films qui m’ont plu, qui m’ont parlé au moment de leur sortie.

A partir de Man of Steel, Batman V Superman, Justice League (vu la version Whedom sur Netflix… j’en ai rien à dire tellement ce film est triste) et aujourd’hui ce Army of the Dead, j’ai l’impression que le visuel « cool » a pris le pas sur le fond.

On sait que Snyder a perdu sa fille au cours du tournage de Justice league, laissant la main à Whedom pour finir le montage et les reshoots. Dans Army of the Dead, on sent que ce film est une catharsis et le réalisateur s’est aussi impliqué dans le scénario. Snyder avait des choses à dire avec ce film. Ca transparait dans la relation de David Bautista et Ella Purnell. Mais c’est noyé dans une pseudo histoire et des péripéties ineptes.

J’utilise le mot « péripéties » car le film n’en est qu’une succession et il y a peu d’histoire, peu de développement de personnages. On sent que le scénario est tordu pour faire des « moments cools » plutôt que de raconter un tout cohérent, plutôt que de soutenir la relation père-fille qui aurait pu être vraiment centrale plutôt qu’anecdotique.

De plus, toutes les situations que le films présentent ne sont que des « hommages » à des films où ces moments sont mieux filmés, mieux exploités, plus cohérent avec un ensemble.

Ici, on a un puzzle qui mixe les scènes de Zombieland, de Dawn of the Dead, de Shawn of the Dead, de Die Hard (le coffre qui s’ouvre avec de la musique classique, comment ne pas penser au sourire d’Alan Rickman), d’Aliens…

Ce que je reproche au film : il y a un potentiel énorme. Il a un scénario et des thèmes qui peuvent être très intéressants mais qui sont dénaturés au service du prétendu « fun ».

Qu’est-ce que ça apporte que ça se passe à Las Vegas ? Pourquoi la française possède un Master en sociologie Zombie ? Pourquoi aller en hélicoptère sur le toit de l’hôtel est interdit mais revenir c’est autorisé ? Qu’est ce qu’on en a fiche que l’invasion Zombie a été causée par une fellation en voiture (je préfère le mystère… à moins que ce soit une critique sur la sexualité) ? Pourquoi les arrières plans toujours flous sauf quand ce sont des images de synthèses ? Pourquoi les héros partent en t-shirt manches courtes pour aller affronter des zombies ? Qu’est ce que ça apporte la hiérarchie des zombies ? Pourquoi les héros vident leur chargeur dans la tête du chef alors qu’il porte visiblement un masque en métal ? N’est-il pas admis en 2021 que tirer dans un baril de gasoil ne le fait pas exploser ? Et tant d’autres questions qui n’ont que pour réponses « Ta Gueule C est Magique ».

Vous pouvez retrouvez une partie de mes remarques faites en live sur twitter. Je n’en suis pas fier mais ça m’a permis de tenir éveillé 1h avant de voir la suite du film le lendemain…

Pour qu’un film d’horreur réalisé par Zack Snyder arrive à m’endormir, c’est qu’il y a (pour moi) un gros problème. Ce n’est ni son casting, ni sa réalisation mais son scénario qui possède trop de gras (trop de personnages, trop de situations tordues, trop de choses annexes) et qui aurait du prendre plus de temps pour être cadré, recentré sur ses points forts.