Séries TV

Falcon et le Soldat de l’hiver

Falcon et le Soldat de l’hiver

L’anticipation du danger. C’est un ressort de notre psyché mais aussi des scénaristes. Dans un film d’horreur, on a peur en même temps que les héros parce que l’on sait qu’une menace plane sur eux. Dans un film d’action, on sait que le héros va en baver car le challenge qui l’attend semble infranchissable.

Cette grande menace manque énormément. On sait que certains personnages sont troubles, mais l’absence d’exposition de leurs plans donne plus l’impression que les scénaristes ne savent pas trop où ils vont plutôt que d’avoir une vision machiavélique sur le long terme.

Comme dans beaucoup de séries et de films Marvel, la série échoue à nous exposer un plan de méchant clair, une menace identifiable (même si dans WandaVision, la tension est générée par le mystère des incohérences temporelles). Sans divulgâcher la série, il y a un méchant dont on ne saura jamais les motivations même à l’issue des 6 épisodes.

Sans vouloir laisser FATWS (Falcon and the Winter Soldier dans la langue de Scarlett Johansson) sur un a priori négatif, les aventures d’Anthony Makie et Sebastian Stan en mode « Buddy Movie » ont réussi à me faire passer un bon moment.

D’un point de vue Action dans un premier temps où beaucoup d’affrontements et de scènes sont très spectaculaires. Pour une série, on a des effets spéciaux, des chorégraphies de combats d’assez haut niveau et assez régulièrement.

D’un point de vue Casting où tous les acteurs sont vraiment impliqués :

  • Wyatt Russel, fils de Kurt, en Captain America par intérim
  • Erin Kellyman (qui pourrait jouer Nico de DMC 5) en activiste déterminée des Flag Smashers
  • Daniel Brühl qui peut enfin défendre le rôle du Baron Zemo plus d’une scène contrairement à Civil War (qui aurait eu plus d’impact si le film était sorti après la série, car on aurait été plus impliqué envers les personnages)
  • Carl Lumbly en Captain America oublié, présent dans la mythologie des Comics. Et qui est un très très bon acteur, peu cité, mais toujours magistral et toujours très juste

Marvel peut enfin avoir le temps de construire des personnages. C’est la force selon moi des Séries TV : pouvoir donner plus de dimensions à des personnages de l’univers, en reprenant le format sériel des Comics.

On donne un vrai symbole à l’évolution du Falcon et à son message important dans l’histoire américaine, d’un vétéran (qui aidait les anciens combattants à aller de l’avant) en héros fédérateur. On donne un arc de rédemption à Bucky. Tous les moments émotionnels qui traversent le parcours des héros sont bien amenés. Comme dans WandaVision, on humanise enfin ces personnages qui avaient l’habitude de se battre en arrière plan. En espérant que dorénavant, on puisse les faire jouer en avant scène.