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The Strain (l’intégrale des 4 saisons)

The Strain (l’intégrale des 4 saisons)

La série commence exactement comme Fringe et se finit comme Angel mixé avec la série V des années 80.

Et ce sont les meilleurs moments de la série… Pourtant, c’est une série que j’avais envie de voir depuis des années.

Entre les deux, on a deux saisons de remplissage et demi, un virage 100% action dès la saison 2 enlevant le peu de psychologie et de mystère. Il y a tellement de temps entre le moment où le Maître apparait et la mise en place de son plan que l’acteur principal est passé d’un scientifique à Vin Diesel (sachant que les événements entre la saison 1 et 3 se déroulent en 2 semaines) et son fils passe de 13 ans à 16 ans en moins de six mois (dans l’histoire… la série a duré en réalité 4 ans).

Dans ce que j’ai aimé, il y a tout le mystère du début, la consistence scientifique autour des vampires et l’analogie Nazi lorsque les vampires prennent le contrôle de New york.

Mais c’est fait sans subtilité, alors que Fringe avait évolué lentement en gardant une bonne dose de mystère, V avait un parallèle assumé avec le régime Nazi, Angel avait fait évoluer son action autour de personnages partant de caricatures vers des êtres attachants et crédibles. Dans the Strain, le mystère disparait assez vite, le parallèle Nazi met du temps à arriver alors qu’il est évident dès la saison 1, les personnages restent des caricatures. Les histoires sentimentales sont aussi mal amenées vu la temporalité.

Je ne sais pas s’il y a eu des conflits entre le diffuseur et les scénaristes, mais la série finit par devenir trop générique, trop proche d’une « formule » comme Walking Dead. C’est vraiment dommage car il y a de vrais prémices intéressants, une mythologie qui (à défaut d’être originale) aurait pu se développer. On sent qu’il y a eu des coupes dans certains arcs narratifs trop creux ou trop polémiques.

C’est dommage aussi car, en pleine pandémie de COVID-19, on peut aussi tirer certains parallèles (récupération politique pour donner un virage sécuritaire ou productiviste à une situation sanitaire). Il y a de bons épisodes, de très beaux aussi (surtout dans la saison 1).

Mais je ne peux pas passer outre ces épisodes inutiles, certains maquillages de monstres, tous ces moments où je me suis dit : « on en a rien à fiche de ces moments là ». La série manque de corps et d’esprit : on a le sentiment que tout est écrit au fil de l’eau, que les scénaristes lancent des pâtes contre le mur pour voir si ça colle, sans vision sur le long terme, sans vrai message, sans originalité…