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Chernobyl

En ces temps de fakes news et arrangements avec la vérité, retrouver une série documentée (pas documentaire) qui parle du contrôle de l’information, ça reste un angle intéressant.

La série le dit, hormis deux personnages historiques qui sont les héros malgré eux de cette histoire, beaucoup des personnages sont des représentants, des représentations. Le rôle d’Emily Watson (Ulyana Khomyuk) est la représentante de tous les scientifiques qui ont travaillé sans relâche pour limiter la catastrophe.

Bien sûr que la série, pour créer du développement, prendra quelques latitude vis à vis de la réalité mais le propos reste intéressant : Doit-on nié la vérité ou les faits scientifiques pour servir une idéologie . A quel moment les représentants du peuple arrête d’agir pour le bien commun ? Quels sont les impacts des politiques qui sont loin (en terme de classe, de position géographique ou d’idéaux) des personnes qu’ils doivent défendre ?

Pour moi, le propos de cette série va bien au delà d’un bord politique ou d’une population.

Au delà de ces questions, il y a aussi la mise en valeur et l’abnégation des héros malgré eux, qui ont donné de leur santé voire de leur vie, pour limité une catastrophe planétaire. Pour certains, c’est avec une vrai volonté de protéger la population, pour d’autre c’est avant tout pour sauver leur image. Dans tous les cas, la série a mis en lumière le travail colossal qu’il a fallu mettre en oeuvre pour contenir le coeur du réacteur. On parle aussi de héros mais la fin de la série nous rappelle aussi que l’on peut sauver des vies et avoir eu un parcours de vie contestable.

Au delà des images perturbantes, la musique diffuse les radiations, joue sur les vibrations sournoise pour illustrer un danger invisible, intangible, dont l’impact sur la santé est irréversible.

Tous les acteurs, principaux et secondaires, livrent une performance assez juste. Il faut juste s’habituer à avoir des russes qui parle en anglais (le casting est anglophone : une dissonance pas dérangeante mais qui est présente). Et j’ai eu du mal avec le physique de l’acteur qui joue Gorbatchev (il est bon, mais la forme du visage ne va pas).

Jared Harris (Valeri Legassov) fait un travail formidable de vulgarisation et l’on comprend bien le fonctionnement de la centrale ainsi que le dysfonctionnement des réacteurs RBMK.

Les effets spéciaux (compositing : mélange d’image pour donner l’illusion de filmer la centrale) et les maquillages sont tellement bons qu’ils sont invisibles.

Pendant le coronavirus et le confinement, si vous êtes hypocondriaque ce n’est pas la meilleure chose à voir, mais d’un point de vue thriller / complot, cela marche très bien. Et la relation Jared Harris et Stellan Skarsgård est un des points forts de la série.