Cinéma

The Wretched

The Wretched

Ce qui m’a attiré sur ce film, ce sont les visuels et quelques images que j’ai vues passer sur les sites cinéma.

J’étais loin de m’attendre à un film avec un petit budget, quelques idées sympathiques et quelques moments de tensions réussis.

Je pense que le film fait référence à un monstre de la culture populaire. Un type de sorcière millénaire qui se nourrit des enfants et prend possession des femmes (les infanticides renvoient forcément au mythe de Médée). Grâce à elle, on sent bien la peur de la nature et la peur de la féminité qu’éprouve le héros.

Le budget réduit se ressent sur le lieu : on a l’impression que ça a été tourné au printemps, pendant les vacances hors saison. Le lieu manque de vie. Il y a quelques effets un peu cheap aussi (le cerf au début) et des scènes manquantes (justement comment les voisins du héros trouvent le cerf). Mais cela contribue à l’atmosphère par moment : je ne sais pas pourquoi, mais le fait de voir le héros travailler dans un port de plaisance en saison creuse m’a fait penser aux dents de la mers.

Il y a des scènes qui fonctionnent bien dans the Wretched, notamment les scènes de possessions où les actrices jouent sur leur physique pour donner cette impression de monstre qui pilote une enveloppe charnelle.

Le suspens avance ainsi crescendo et l’on suit le film de manière assez cohérente et logique. Il y a peu de moments où l’on râle après les héros parce que leurs décisions nous semblent dictées par le scénario et non par leur intelligence.

Si le film possède un monstre convaincant, une belle atmosphère de petit village balnéaire américain (canadien ?), des personnages parfois bien écrits, il lui manque quelques petites choses pour insuffler la terreur que je recherchais en mettant le Blu ray dans mon lecteur.

Le film manque d’un point de vue. Entre la scène d’intro en 85, les aventures des voisins, l’histoire du héros principal, il y a parfois une connexion assez ténue, qui se joue à un dialogue. Du coup, sans ce point de vue unique, on enlève aussi plein de potentiels.

  • On n’explore pas le potentiel ancien drogué du héros
  • On n’explore pas le potentiel sexualité refoulée du héros
  • On n’explore pas le potentiel famille décomposée du héros

Il est trop lisse, trop sûr de lui (et il va sur internet pour se renseigner sur le monstre : j’ai horreur de ce clicher récent, de « googler » et de trouver des pages web, type skyblog, qui décrivent toutes les caractéristiques du monstre).

Tant est si bien qu’une grande partie de l’action se passe chez les voisins du héros où la famille semble mieux construite. Cela invalide presque la pirouette qui arrive dans la dernière partie du film (parce que, finalement, on s’en fiche un peu).

J’ai le sentiment d’être devant un scénario un peu « re-calibré » : qui a été touffu et dense pendant longtemps, et qui a du être retravaillé pour aller à l’essentiel (ou au plus efficace). Il y a plein de pistes partout mais il y en a peu qui aboutissent (je n’ai pas compris celle du vieux vendeur qui passe sa journée sur le ponton avec son chien).

Je reste curieux de ce que vont faire les frères Pierce (scénaristes et réalisateurs) qui ont l’air passionné et savent créer une atmosphère (chose qui manque à beaucoup de films d’horreur actuels).