
Mademoiselle
Il va être difficile de parler de Mademoiselle. Il faut que j’en décrive toutes qualités et que je préserve un voile pudique sur son histoire.
Comment passer à côté de sa beauté ? La finesse de ses traits en fait un parfait objet d’admiration. Les habiles couches de maquillage, très travaillées, lui donne une image précieuse. On pourrait la contempler pendant des heures. Je ne vais pas tarir d’éloge quant à son apparence. C’est avec facilité que l’on fait face à sa force formelle.
Park Chan-Wook est un maître dans l’habillage. Mademoiselle est ici parée de ses plus beaux atours.
Mais ce qui vous retient en haleine, en sa présence, est son mystère : Difficile à percer, changeant en fonction du point de vue. Comme un diamant à mille facettes, la lumière qui en sort, projette des ombres prismatiques; cachant volontairement certains éléments, pour les mettre en évidence un peu plus tard. Parfois perdu et penaud, on prend part à cette partie d’échec où l’on en sort perdant.
Le jeu de Mademoiselle est trouble et l’on n’arrive à deviner à l’avance la moindre de ses pensées.
Malgré ses raffinements chaleureux et son histoire haletante, son goût pour l’érotisme m’a un peu refroidit. Si l’on s’imagine les étreintes d’une grande beauté, le réalisme saisissant des sons rappelle soudainement l’imagination à la réalité. J’étais enivré par l’enchevêtrement des corps, j’ai dé-saoulé par les bruits des mouvements : l’image est érotique, le son est pornographique.
Et c’est dur de la quitter avec cette dernière minute en tête : Elle m’a enchanté pendant deux heures. Troublé par ses yeux, intrigué par son récit. A vouloir trop me séduire, elle a tenté de me choquer sur ses dernières paroles.
Je suis prêt à lui pardonner. Je suis prêt à crier sur tous les toits combien j’ai aimé les 2h20 que nous avons passé dans le noir. Malgré mes mises en garde, elle saura vaincre vos défenses, vous succomberez devant Mademoiselle.