// Un petit mot sur Hannibal (L’intégrale des 3 saisons) par Axlstone

[Saison 1] 04-09-14

La série arrive dans ma pile de visionnage après Dexter et True Detective.
Je m’attendais à voir une série sombre, monochrome voire sépia dans le traitement de l’image.

La surprise est de voir Bryan Fuller aux commandes.

J’ai beaucoup aimé les scénarii qu’il avait écrits pour Heroes et aussi sa série Pushing Daisies.
Hannibal prend donc un traitement très coloré, assez classieux dans la mise en image, les décors et les costumes (les actrices sont très bien habillées).

Bryan Fuller recycle aussi son obsession de la résurrection et de notre rapport avec la mort (voir l’excellente série Pushing Daisies). Will, le héros, possède une grande empathie et une visualisation des scènes de crimes qui l’aide à remonter dans le temps. C’est à la fois très visuel, assez fort et souvent très gore.
La série traite de la psychologie plus que des serial killers même si la série est plus fantastique que réaliste. Interdite au moins de 12 ans, certaines scènes sont difficiles à regarder et les diners du Docteur Lecter sont à la fois beaux et terriblement louches.

La série reprend les personnages des films (Le Sixième Sens de Michael Mann, son remake Dragon Rouge de Brett Ratner, Le Silence des Agneaux et Hannibal) et l’implication de Lecter dans les enquêtes du FBI est plus subtile qu’elle ne parait de prime abord. La saison 1 monte de manière graduelle, même si certains épisodes font plus penser à Esprit Criminel avec une résolution convenue et abrupte. L’enjeux se situe autour de la relation entre les personnages : très ambigüe, entre l’amitié et la manipulation. Les renversements de pouvoir se font de manière très habile.

Les 13 épisodes se dévorent (ah ah) assez rapidement. J’espère juste que la série saura s’arrêter à temps car elle flirte avec succès entre le grand n’importe quoi et le virtuose; spectaculaire comme un meurtre d’Hannibal.
Le casting est incroyable avec de grosses têtes d’affiche (Lawrence Fishburne et Mads Mikkelsen), ce qui apporte une certaine réalité à des situations souvent improbables.

Note technique : J’ai ajouté la catégorie dématérialisée (Démat) suite à Hannibal. Les Blu ray que l’on m’a offerts étant endommagés, j’ai du les acheté à nouveau sur iTunes. Sherlock Saison 3 a subit le même traitement : Je ne la possède pas en « physique ».

[Saison 2] 31-12-2014

Cette saison 2 est dans la continuité de la première en terme de qualité.
Elle commence avec une scène très forte qui sera le teaser entier de la saison.

L’inversion des rôles entre Will et Hannibal est une bonne idée. La direction artistique est toujours très belle, les phases de rêves et les transitions sont magnifiques. Les acteurs, du cast principal aux guests, sont bons et mis en valeur par une image et des costumes travaillés.

D’un point de vue scénario et arcs, les retournements de situation sont monnaies courantes. Certains sont très bons même s’ils sont prévisibles. D’autres sont un peu courts ou mal amenés et n’ont pas l’impact espéré. Des réactions et des interactions entre les personnages, qui semblaient logiques, le sont moins par la suite. On gagne en surprise, on perd en crédibilités des personnages.

Après la saison 1 du chasseur, la saison 2 est celle du pêcheur.

[Saison 3]28-03-2016

Fin de la série. Cette saison est découpée en 2 parties. En Italie et aux États Unis.

La partie italienne est réalisée en grande partie par Vicenzo Natali (le réalisateur de Cube). On garde l’esthétique des premières saisons et l’on ajoute la dimension Giallo (films de genre italien des années 70 https://fr.wikipedia.org/wiki/Giallo). Elle est remplie de plans iconiques qui marquent l’imaginaire du spectateur. En revanche le scénario de cette partie est à la limite du compréhensible, à cause de flashbacks, dans des flashbacks, dans des flashbacks (sérieux, les mecs ?).

Mais globalement l’horreur est là et l’on frissonne. Les métaphores sexuelles liées à la mort renvoient aux thématiques de la série, aux obsessions de Bryan Fuller. Après les deux saisons miroirs qui plongent dans la psyché du profiler et du serial killer, cette troisième saison premiere partie donne dans la traque et la séduction.

La seconde partie est un remake du film Dragon Rouge (ou de 6eme sens de Michael Mann) qui n’a pas beaucoup d’intérêt si vous l’avez déjà vu. Elle laisse tomber complètement le personnage de Chiyo et le flashback avec Eddy Izzard.

Enfin je déplore l’évolution chaotique du rôle du Dr Bloom. Elle est différente du personnage de la S2 et elle aurait pu être quelqu’un d’autre dans la seconde partie de la S3. Son cas est symptomatique du personnage multi fonction que l’on tord au gré des aléas du scénario.

La coupure est évidente. Si, au début, les titres reprennent les noms des plats de la cuisine italienne (comme précédemment), les derniers épisodes ont des noms plus classiques. On sent que les producteurs ont appris la fin de la série et ont changé leur fusil d’épaule. Ils ont tout modifié pour faire une fin qui reboucle avec les films. Elle n’est pas au niveau du reste mais elle n’est pas honteuse non plus (qui a deviné que je pense à Dexter en ce moment ?).

La série garde ses qualités et reste un OVNI. Seules deux choses m’ont fait froid dans le dos à la télé dans les années 2010 : American Horror Story et Hannibal. Deux séries très belles et qui proposent des idées nouvelles, ce qui est rare dans les séries contemporaines.

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