
Daredevil (Saison 1 et 2)
[Edit Saison 2]
Après une saison 1 qui possède énormément de qualités, il va sans dire que j’attendais beaucoup cette saison 2.
La série garde ses qualités esthétiques : De très beaux plans, de très belles lumières, de très bons personnages et de très bons acteurs.
Les musiques restent très bonnes, avec des pointes de Silent Hill 2 par moment (ce qui ne me déplait pas).
Après, j’avoue que j’ai été moins touché par l’histoire. Pas de vrai méchants emblématiques, des histoires amoureuses et amicales complètement maladroites dans leur traitement : Un coup on s’aime, un coup on s’aime plus… (j’allais écrire à la Arrow… on n’en est pas loin, malheureusement).
Le final est clairement moins bons et tombe dans des clichés, alors que la série avait su donner de l’épaisseur aux personnages.
J’ai le sentiment que l’on a voulu caser un maximum de choses dans cette saison. Entre le Punisher, Elektra et le Hand clan, ça fait beaucoup et tous auraient du mériter un traitement séparé et plus approfondi.
[Saison 1]
Derrière ce Daredevil version série télé, on retrouve le site de VOD Netflix, les créateurs du comics Marvel et le network ABC.
Si l’on regarde plus en détail, il y a Drew Goddard, qui a travaillé en tant que scénariste sur les dernières saisons de Buffy, Angel et Alias, la première saison de Lost. On retrouve aussi Steven S. Deknight à la production et au scénario qui a travaillé aussi sur des productions de Joss Whedon (Créateur de Buffy, Angel mais aussi réalisateur des 2 films Avengers pour Marvel).
Au delà de balancer des noms pour le plaisir, il est important de comprendre que ce sont des proches de Whedon qui assurent le lien dans cette série. On retrouve une ambiance sombre à la Angel (plus noire que Buffy).
Au niveau des héros, on a un super casting avec Charlie Cox en futur Daredevil, Deborah Ann Woll en secrétaire sexy et Elden Henson en meilleur ami, pas uniquement faire valoir humoristique.
C’est au niveau de la construction du grand méchant Winston Fisk que la série réussit un tour de force. Vincent D’Onofrio est un acteur d’exception, il le confirme avec ce personnage étonnamment complexe pour un méchant de comics.
La seule vraie référence à l’univers Marvel pour l’instant est la récente destruction de New York décrite dans le film Avengers. Pour le reste, la série se construit sur la relation entre les personnages, sur leur motivations, sur une ambiance noire et violente. On suit principalement les aventures du cabinet d’avocat Nelson et Murdock le jour et du Black Mask / Daredevil en devenir, contre la pègre qui gangrène Hell’s Kitchen (un quartier de New York).
Alors, que vous soyez fan de Comics ou pas, que vous ayez suivi le Marvel Cinematic Universe (MCU) ou non, la série reste totalement abordable et peut être prise de manière indépendante. Il est intéressant de voir comment évolue les trajectoires de Fisk et de Murdock au fil des épisodes. Ils contiennent leur lot de surprises et de retournements de situation très bien amenés.
Si je dois faire quelques reproches : on sent le côté Saison 1 de part le nombre de décors. La série se passe principalement dans des bureaux le jour ou dans des hangars de nuits, à de rares exceptions. On sent que certains épisodes souffrent de cette économie pour mettre plus tard des scènes d’actions clés qui demandent plus de moyens. Il y a aussi la fin de saison, un peu expédiée mais qui laissent de grandes ouvertures par la suite. Mais c’est pour trouver la petite bête.
C’est ce qui fait sa force : pas de Fan service gratuit, pas de connexion trop profonde avec les autres héros Marvel, pas d’humour enfantin. Les premiers épisodes possèdent une réalisation et un travail sur la photo assez incroyable, avec beaucoup de contraste et de couleurs complémentaires. Des acteurs très justes, des scènes de combats plutôt jolies, une violence pas trop adoucie par la production ABC (Disney) donnent plus de corps à cet ouvrage.
Une série qui, pour la peine, me rend heureux d’avoir investi dans Netflix.