// Un petit mot sur Batman Arkham Knight par Axlstone

Rocksteady ferme son chapitre Batman avec Batman Arkham Knight. Après trois jeux développés (Asylum, City et Knight; Origins a été développé par Warner Bros Montréal), le studio anglais a maîtrisé son sujet, autant techniquement qu’au niveau de la narration sur l’ensemble de son travail.

Arkham Knight est donc une conclusion pour le studio. On sent que les adieux à l’homme chauve souris ont été difficiles.

Arkham Knight est beau. C’est un des premiers jeux dont on peut penser qu’il utilise les ressources de la PS4 et la Xbox One. Aucun temps de chargement durant la phase d’exploration. Pas d’effets cache misère, de clipping ou d’affichage tardif. Il y a un peu d’aliasing sur les modèles 3D lorsque l’on prend les personnages en gros plan.
L’animation n’est pas prise en défaut, que ce soit en Batmobile ou à pied. Les mécaniques de gameplay sont identiques aux épisodes précédents : exploration, combat, infiltration. On ajoute quelques modes courses et tank pour la Batmobile. Ce dernier est un des points faibles du titre. Autant les phases courses ou exploration en voiture sont vraiment chouettes, autant la maniabilité et la répétition des situations en mode tank ne rendent pas justice au fidèle destrier du chevalier noir.
Les graphismes magnifiques, la prise en main est agréable. La promesse du jeu est « BE the Batman » et lorsque le générique de fin se déroule, on se dit que le pari est tenu.
La partie histoire est donc plus délicate à décrire. Je dois éviter le spoil (car les retournements de situations sont vraiment nombreux) et je dois avant tout vous donner envie (parce qu’il ya de très belles trouvailles) sans exagérer les moments décevants.
On est dans la tête de Batman. Contrairement aux précédents où l’on joue un Batman Flamboyant, celui ci est fatigué et usé. Tout le jeu ramène Batman à ses démons et à ses peurs. Ses échecs le hanteront pendant tout le jeu. Que ce soit le sort de Batgirl devenue Oracle, les différents Robins, la mort du Joker à la fin de Arkham City (le jeu commence par son incinération), Batman passe son temps à dire au revoir aux personnes qu’il aime.
Et le jeu prend beaucoup de temps à nous décrire cette fatigue morale.
En revanche, on sent que certaines directions scénaristiques ne sont pas assumées. Si la mortalité au sein des personnages emblématiques dans l’univers de Gotham est assez impressionnante, il y a toujours une situation anti-climatique, qui désamorce l’effet dramatique. Les affrontements des Boss (les deux principaux) sont aussi complètement anecdotiques.
Le jeu est audacieux par moments. Les effets du gaz de l’Epouvantail sur le cerveau de Batman influencent les panneaux publicitaires de manière subtile (on n’y prête parfois pas attention tellement c’est discret).
La phase finale, si elle est pauvre en terme de gameplay, vous donne un point de vue intéressant; Je serai curieux de voir Rocksteady  sur un Survival Horror comme Resident Evil ou Silent Hill par exemple. Ca me fait penser à MGS4. Un jeu à la dimension blockbuster complètement décrié à cause de son gameplay mais qui ose sortir le joueur des sentiers battus pour créer de l’immersion.
En passant, le casting vocal FR est le même que celui de la série animée des années 90. Et pour la version US, c’est assez épatant d’entendre John Noble (Fringe), Tara Strong (Desperate Housewives), Dwight Schultz (L’agence tout risque des années 80) en plus des doubleurs habituels.
Il y a énormément de choses à dire sur Batman Arkham Knight. Pour faire simple : c’est un très bon jeu, qui n’a pas peur d’oser des choses dans le gameplay pour renforcer la narration mais qui hésite trop au niveau du scénario pour rendre certaines scènes marquantes.

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